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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:49

Faudrait-il évoquer l’impact des Beatles et de leur voyage en Inde ? Qu’elle en fut l’influence réelle ? D’autres que moi en parleront, car  je ne sais pas ce qu’il en fut !

« India, India, take me to your heart … » 

Ils sont allés en Inde en 68, avec Mia Farrow, mais uniquement pour faire de la publicité pour la Méditation transcendantale. Qu’en ont-ils  rapporté ? De l’amertume, dit-on… et je ne crois pas que cela eut un quelconque impact en France.

On en reparlera… Je répète : on avait vraiment l’impression que l’Inde n’était qu’un concept ; pas une réalité.  Qui a entendu cette chanson, d’ailleurs ? En France ?

En Australie : jamais ! Et bien que programmant des disques reçus du monde entier pour Radio Australia, jamais leur succès n’atteignit vraiment ce pays ; le seul disque d’eux qui y « marqua » l’opinion, celle des happy few seulement d’ailleurs,  fut  the Ballad of John and Yoko ;  Simplement parce que l’interjection « Christ » en interdisait la programmation sur ces ondes  « puritaines » et que je dus, pour le faire connaître, demander à un technicien de couper ce mot et de raccorder les tempos !  

  

 

En résumé…

 

 … personne ne fantasmait sur l’Inde.

Les « dissidents » s’adonnaient à  la recherche intérieure, via le yoga, dans la non violence, via Gandhi, via Lanza Del Vasto, Krishnamurti.

Et puis Guénon : mais très peu, très-très peu… Bien que je fus vraiment plongé dans ces milieux « parallèles », puisque journaliste pigiste dans le quotidien d’une grande ville française, je  ne m’en suis aperçu que très tardivement… et ailleurs !  A Paris.

Quelques parisiens, lecteurs de Planète ou célébrés par cette revue… Mais ces parisiens intéressés par Guénon, n’étaient  intéressés ni par les Hippies, ni par l’Inde. 

Oui ! Guénon ayant dit que l’avenir de l’Occident c’était l’Orient, certaines personnes ont écouté ; une personne l’a mentionné, peut-être est-ce la  seule ? Dans une émission que peut-être certains ont entendu,  Campus, de Michel Lancelot ; et dans son livre Regardez Dieu en face ; à la fin, il y a la lettre d’un de ses copains : « via Guénon, l’avenir est là, j’y vais ! » (Gérard Rutten). Et il est parti en 68, je crois.

 

Hippy commune Katm[1]

   Hippy commune, Katmandu

 

 

 

Suite page 2

(ci-dessous)

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:48

Des raisons plus personnelles…

Tant d’autres raisons ! Dans mon cas ?  Je travaillais dans une Radio où l’on m’a dit : « Voulez-vous écrire une histoire en voyageant dans le monde ? « 

Quelle belle occasion ! J’ai pu partir d’Australie jusqu’en Inde, lentement, - peu d’avions ; et donc, entre toutes les îles, on prenait des bateaux. Pensez qu’à Bali, l’aéroport a été très tardivement construit : c’est ce qu’on disait ; il faudra que je me renseigne… Anyway, prendre un bateau ou un train, c’était toute une aventure ! Même à Delhi pour le retour en France !

 

 

Spiritualités indiennes comme intermédiaire :

En fait, quand on a commencé à parler de l’Inde, c’était lorsque le Yoga est arrivé véritablement en France (ne pas oublier qu’on n’avait pas de téléphone partout, pas d’internet) ; et même, quand certains de vous, ici présents, sont retournés longtemps après, on n’avait toujours pas de téléphone  facilement accessible… Vous vous en souvenez ? Lorsque l’on fut coincé, suite à des incidents d’avion, dans Bombay, on ne pouvait pas contacter famille ou amis de France. Donc, à cette époque-là, personne ne communiquait autant que maintenant. Et la Poste, en Inde ! Nous en reparlerons sans doute tout à l’heure !

Simplement en ce qui concerne la France, quand le Yoga est apparu sur la « place publique », ce fut, d’après ce que j’ai vu à l’époque, dans les villes de Lyon et  de Grenoble, où deux professeurs l’enseignaient.

On parlait surtout, dans les milieux « spiritualisants », de Lanza Del Vasto,  et  ce sont  tous ces intéressés qui étaient connectés ; par les groupements « Gandhiens d’Occident » et « Société des Amis du Bouddhisme » (1955), France Inde (60 ?), par exemple, où l’on retrouve des personnages comme le Docteur Schnetzler , un psychanalyste, qui devait par la suite ( 1976) fonder le Karma Migyur Ling avec un lama (Teunsang)…

Ces gens se regroupaient, faisaient  ou écoutaient des conférences sur le Bouddhisme, valorisaient les livres de Krishnamurti et le Bardo Todol. Ils parlaient de Gandhi qui avait enseigné le Yoga à Lanza Del Vasto qui l’avait transmis à Aldo Dhorighel qui l’enseignait  à Grenoble vers les années 62 (et continue de le faire en France !). Gurdjieff était également  dans les conversations et les recherches…

 

Puri square9

   Puri Square

 

On parlait peu de l’Inde ; seulement du Yoga et de la spiritualité intimement liée à cette pratique. Même moi, qui l’enseignait par la suite (1963 à 66) en quelques endroits (France, Italie, Nouvelle Calédonie), je ne rêvais ni ne faisais rêver de l’Inde ! Comme partout à cette époque, la curiosité était du Soi, de l’Atman

Ailleurs en France, vers 62  ( ?), la revue Planète avait fait se regrouper des gens « différents », dans de petits groupes… mais, à part le Yoga (hatha), les discussions ne tournaient pas sur l’Inde ou la spiritualité indienne ; je me souviens de ce grand rassemblement où nombreux étaient ces gens, à  Cefalu (Sicile) : astrologie, psychologie, déconditionnement à la Krishnamurti et ses dangers, L.S.D., méditation, peinture classique… voire Yoga chrétien ! Pas le souvenir d’autres thèmes !

 

Donc, apparemment, seuls les gens qui s’intéressaient au  Yoga, à Hindouisme et  Bouddhisme, entendaient le nom de ce pays ! Et ils étaient très peu nombreux, d’une part, et ceux qui étaient intéressés l’étaient  de manière très intense et peu « matérialiste » ;  au-delà du désir de voyage en Inde… Au-delà du hatha yoga (à cette époque le Yoga n’était pas considéré comme seulement du hatha yoga comme maintenant ; sa « profanation » en gymnastique et esthétique me semble avoir commencé en 68, via les magazines féminins (en Australie du moins) et via la crainte de tout ce qui pouvait être « religieux alternatif » en France (1972, j’ai mes références !).

Mais au début, en  1962, le Yoga était  vraiment en lien avec la spiritualité « orientale ». 

Ensuite, via un dominicain, le père Jean Déchaney, qui avait fait un ashram, (je ne sais pas s’il était allé en Inde alors, lui,  mais j’ai appris qu’il y était allé ensuite)… un ashram à Valjouffrey, au nord de Grenoble, le Yoga était devenu très chrétien ;  ses livres ?  la Voie du Silence, en 1960, puis le Yoga chrétien (en 64).  Lui-même faisait des prêches assez étonnants, pour une dizaine de personnes, dans l’église du village, mais toujours avec l’optique Gandhi –non violence, spiritualité, etc. et son intérêt pour le Yoga était surtout afin d’utiliser cette discipline pour la religion chrétienne.

Dashimaru vint à Grenoble en 67, mais, dans ce cas encore, seule la « philosophie » intéressait (et un très petit public) ; pas l’Inde en elle-même !

 

J’insiste sur cette atmosphère car, historiquement , il en fut de même aux USA ; c’est la spiritualité orientale qui poussa les Hippies vers l’Inde… et  y engendra l’arrivée de quelques Maîtres indiens.

Mais tout ceci ne touchait que les happy few ; la mentalité française n’était guère favorable aux spiritualité venues « d’ailleurs » ! Un bon document à ce sujet : tous les numéros de Planète, plus orientés vers l’étrange, les divergences, le surréalisme, l’humour… Comme toujours et encore ! Et surtout : les commentaires sur les propos de Lanza del Vasto que l’on entend dans le film « Tous au Larzac » (Christian Rouaud, 2011) sont particulièrement symptomatiques à ce sujet. Lui-même écrivait, avant 70 : « des Français, voire des Parisiens, race entre toutes incrédule, raisonneuse, persifleuse et pétulante » que seul Gurdjieff avait « su faire taire, les asseoir jambes en croix, et les mettre à s'occuper d'eux-mêmes ».

 

Deux mondes !

Un exemple édifiant : je vous ai parlé du docteur Schnetzler qui avait découvert le Bouddhisme et  voulait communiquer cette philosophie dans  de petites conférences publiques, dont le Groupe « France-Inde ». Lisant sa biographie, je découvre  qu’il ne parlait jamais de cela auparavant. Le bien fondé de cette prudence ? Je cite : « Le constat qu’il fit lors de ses études de médecine à Bordeaux de 46 à 55, où il ne rencontre aucun bouddhiste et constate l’ironie méprisante de ses collègues, lorsque l’Orient ou la réincarnation s’invitent dans la conversation. » (jpschnetzler.fr)

Lorsque nous l’avons rencontré, il annonçait très clairement : « J’ai eu l’illumination... » Mais il s’agissait d’un groupe très restreint de personnes intéressées par spiritualité et nourriture saine… et « recherche intérieure », où l’on ne parlait que de spiritualité à la Lanza Del Vasto et Krishnamurti.

Ces sujets commençaient juste à être abordés par certains en France… ou en très petits cercles « humanistes ».

Je me souviens du fait que le docteur Schnetzler distribuait le « Bardo Todol », le Livre des Morts tibétains et  Les Enseignements secrets du Tibet. Ses ouvrages à lui, il fallut attendre 1974 pour qu’ils atteignent un plus vaste public.

Et  l’on y  « travaillait » sur Krishnamurti dont l’impact était assez fort en France, dans ces milieux, je répète, fort restreints.  « Normal »  puisque le mental français est toujours en action ; or ses livres étaient tentatives et aides pour le déconditionner ! Là encore : on savait qu’il était indien, mais il était quelque part en Suisse et l’association avec l’Inde ne se faisait pas.

Via Gandhi, on parlait également de non-violence ; mais sans se focaliser vraiment sur son pays.

 

Un autre fait à l’origine de cette  fameuse Route vers l’Inde, d’après ce que j’ai vu et vécu : dans la revue qui est sortie à peu près à cette époque, celle d’André Van Lysebeth, Yoga, on voyait des Swamis, en train de montrer les postures. Et certaines personnes, dont lui, racontaient être allées visiter des ashrams. Eh oui ! En plus, la télévision diffusait une série de documentaires et d’interviews de Maîtres indiens réalisés par Arnaud Desjardins, de 1959 à 73…

 

En parallèle, il y avait les articles de la revue Planète ; dont j’ai déjà parlé. En 61, je me souviens, avait paru un article sur Auroville. Mais cela demeurait, pour nous, des concepts ! Auroville en Inde… Certains y étaient partis… mais pas revenus encore pour en parler ! Oui ! Et personne ne se posait la question : L’Inde, quel pays est-ce vraiment ?

Le mental n’était pas fait pour les voyages, à cette époque ; en France.

 

Inde Sculpture[1]

 

 

 

                            

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:47

Du changement ! De la vie !

 

Quelqu’un  posait la question tout à l’heure : « Pourquoi y êtes-vous parti ? » Vous savez : on partait parce que soit on en avait marre de l’existence étroite, soit pour des raisons plus spécifiques.

« J’étais très riche  (m’a dit une jeune fille il y a quelques années) ; je ne savais plus quoi faire de moi, mon père est mort ! Pourquoi pas les Indes puisqu’on en entend parler… »

Exotisme, liberté, curiosité, changement d’air, etc. D’autres sont partis, comme Alain Duval, qui a développé l’Alliance française de Brisbane,  parce qu’il savait, avec celui qui, ensuite écrivit le Manuel de la Vie Pauvre avec nous, qu’il pouvait aller voir des Tibétains.

 

 

 Un pèlerinage…

 

Donc, on peut dire que c’était comme un pèlerinage… Voyez les titres de deux livres de Lanza del Vasto : Pèlerinage aux Sources (1943), Vinoba, ou le nouveau Pèlerinage  (1954)…

 On n’en a plus guère en Europe, de pèlerinages authentiques, non commerciaux ; plus de Carnavals réels non plus, pour « se changer d’air » .

Il y a donc une certaine nostalgie du départ… et du  « tous ensemble, on va tous se retrouver »…

Maintenant, il y a certains rassemblements pour pallier à cela : les rassemblements Rainbow, les « gatherings » des Burning Man, Confest, les rassemblements Nowhere, etc. Tout un tas d’autres, des Raves aussi. Afin de sentir qu’on est ensemble, qu’on va pouvoir faire ce que l’on veut et qui sera différent de l’ordinaire ; en rejoignant ses « pairs », ses semblables, sa tribu ! 

Alors, ce pèlerinage  que fut la Route des Indes, c’était comme une aventure « initiatique », comme le « Tour de France » du Compagnonnage : « Ah ! On a fait la route des Indes ! » Comme si l’on avait droit,  alors, d’arborer une médaille : « Ah ! Je suis un ancien ! » J’ai d’ailleurs trouvé un guide d’Ibiza où l’on a placardé ma photo, prise sans que je m’en aperçoive devant un Café-culte de l’époque hippy.  Ils ont inscrit au dessous : Un Hippy chic !

 

Bouddha[1] dansBR

 

 

 Des raisons bien matérielles :

 

Le côté bien pratique de l’Inde, on le retrouve dans le texte des lettres d’Alain : « …après avoir traversé l’Afganistan, le but du voyage, c’est l’Inde et 2 centimes du km ! Voilà ! En général c’était de l’auto stop. Mais incroyable, les gens vous prenaient sur 200 kms. »

Et c’est vrai parce qu’il n’y avait pas tellement de voitures ; même dans le Queensland des Hippies australiens ; des pistes en terre, souvent… et, même ensuite, 1973, à… Ibiza… aujourd’hui pourvue, bien que d'une surface de 45 sur 25 kms… d’autoroutes !

 

Il était parti en 66, lui,  avec celui qui a fait par la suite avec notre contribution anonyme, Le Manuel de la Vie Pauvre. Ils sont partis, comme je vous l’ai dit, parce qu’ils savaient que des Tibétains venaient se réfugier en Inde !

Les Hippies y trouvèrent également de l’Aide, sur cette Route ;  l’accueil  qui leur fut réservé correspondait, dans les apparences, pour les Indiens, à leur attrait pour la spiritualité indienne ; cette caractéristique leur ouvrait les portes des ashrams, avec le gîte et le couvert !…

Cette faveur cessa rapidement par la suite : si l’on en croit les messages trouvés vers 1973 sur la revue Actuel et entendus un peu partout alors, les ashrams indiens  durent se fermer aux « back packers » de l’époque, aux « profiteurs » qui ne venaient guère pour  la spiritualité.

On savait également que dans le sud de l’Inde, c’étaient les monastères chrétiens qui pouvaient vous accueillir.

 

Donc, certes, tout au début, l’attrait de la spiritualité indienne poussait à passer des livres à la rencontre bien concrète avec le pays qui la conservait… Mais très vite, ce fut le seul fait de pouvoir vivre « pour rien » dans ce pays qui prit le dessus ; sauf erreur de ma part quant à la date, une revue féminine conseillait, vers 73, de travailler en France, d’acheter un appartement, de le mettre en location pour aller vivre  économiquement au Népal…

Car oui ! L’hébergement ne coûtait presque rien, la nourriture non plus… Paradisiaque…

 

Jusqu’à cette date fatidique : 1972,   la dernière année de « liberté » pour les Hippies, à Katmandu ; la fin des Hippies ! Il nous a été interdit de vivre sans dépenser d’argent. Il fallait automatiquement placer une certaine somme  à la banque et l’utiliser. Vous ne pouviez plus faire les petits changes dans la rue. Est-ce cela qui n’attira plus que des voyageurs relativement riches, venus plus pour la drogue que pour la spiritualité, et l’héroïne « de contrebande », après l’interdiction du haschisch ; et  qui entraina la décadence de Katmandu ?…

D’ailleurs, le Guide français de Tchou annonce bien le changement  en clamant dès la couverture : « Pour 3 fois rien » ;  et le développant sur les deux pages d’avant-propos ; viennent ensuite les mots : vagabonder, route buissonnière, variété de populations… Rien à voir avec l’état d’esprit des premiers pèlerinages « spiritualisants » sur cette Route mythique !

Le côté « économique », les Français en sont fortement des adeptes ; après l’Espagne dans les années 45 !

 

Mais ce fut, plus tard,  pour d’autres raisons, qu’ils s’échappèrent dans des lieux plus pauvres ; Ibiza, par exemple, fut pour les « intellectuels »…  Mais déjà avec « esprit hippy », c’est-à-dire avec la philosophie de Liberté, de Paix et d’Amour libre au soleil

Le retour à une vie plus naturelle… Le grand propulsif des Hippies…

 

 

 Exotisme et Liberté :

 

Car oui ! Un autre des avantages de cette Route, devenant à la mode,  c’était la liberté que l’on trouvait dans ses deux pays de fin de voyage : Inde  et Népal… Des grandes  et longues vacances… Sans date de retour… Promiscuité sensuelle souvent plus que sexuelle (la majorité anglo-saxonne n’était pas latine !) 

Non !  Là n’était pas le facteur  précis recherché ; beaucoup de nudité, certes, dans les appartements décrépis que nous louions… Surtout de la part des allemandes, d’après mes souvenirs. Mais pas au dehors…

Jusqu’à l’arrivée, comme à San Francisco, plus tôt, de tellement de gens bien vite à bout de leurs ressources financières que la prostitution et les drogues arrivèrent… 1973, me semble… d’après les récits… car j’étais reparti avant, au mois de Mai 72…

 

Un existence festive perpétuelle, par contre !  Du « culturel », pour de vrai ! Pas celui que l’on connaît par cœur en Europe ! Non ! Exotique, ici ! Presque tous les nouveaux habitants de Freak Street et des hôtels archaïques du quartier étaient intéressés par les temples, leur architecture, les danses traditionnelles, les artisans, les peintres de Tankas. Et chacun d’ essayer de trouver des spécialistes locaux pour apprendre comment on dessinait ces derniers, pour faire des rubbings… Vous connaissez certainement : on frotte du papier sur les sculptures ; vous savez comme on fait à partir de pièces de monnaie ; on obtenait les bas-reliefs sur papier.

Et les artisans de Bali, avant la mode des moulages !

On  transmettait les adresses aux nouveaux arrivants… On allait voir les danses, on se mêlait véritablement au peuple, à ses fêtes, à ses cérémonies. Mais uniquement  dans un état d’ouverture que l’on pourrait dire, en utilisant le sens réel de ce terme galvaudé, « spirituelle ». 

Les pays traversés, surtout Bali et le Népal, semblaient d’ailleurs n’exposer que cela ! Et à Kuala Lumpur où tant de religions se côtoyaient, la spiritualité, sous une forme conviviale et souriante, était partout… En Inde, les contacts étaient moindres, les indiens très intériorisés, sauf avec les Sikhs curieux, étonnés de nous voir aller à l’encontre du Progrès qu’ils espéraient, eux, pour leur pays… et fuir les Universités dont ils rêvaient…

Et plusieurs de nous apostropher : « Pourquoi vous vous habillez comme des Indiens ? ». Pire ! Ils nous disaient aussi, parfois : « Pourquoi vous asseyez-vous à croupetons ?… (Parce que, souvent, quand on s’asseyait, il n’y avait pas de chaises !) Ce sont les Indiens pauvres qui font ça, quand… ils font leurs besoins ! »

 Il en fut de même en Tunisie, quand on appréciait trop ouvertement les costumes traditionnels des spectacles pour touristes : « Rien à admirer ! C’est du folklore ! On n’est plus comme ça ! ».

 

 Non ! Les Hippies n’étaient pas automatiquement habillés en « hippies », en Inde. Ils étaient relativement « normaux ». Quelques un, plus tard, s’habillaient à la mode du pays, les femmes avec un sari. On pouvait ainsi pénétrer plus facilement dans les temples, dans les groupes de chants religieux, dans les cérémonies… A Bali, Delhi, Calcutta, Katmandu…

Avec le bon côté adjacent à cela : comme « eux »… et tout devenait naturel et gratuit !

Pendant mon séjour : très rares, les néo-autochtones ! Les « hippies » portaient des vêtements… hippies ou de simples chemises, jupes et pantalons normaux (= assez colorés, pas repassés, mais sans agressivité aucune). On les distinguait dans les foules, puisque rares, comme déjà dit…

Je rajoute une ligne à mon texte, aujourd’hui, alors que j’ai terminé de le mettre au propre pour ce Site ! Juste ici… Pour insister sur ce fait qui  m’étonnait moi-même, vu les discours ou les livres de ceux qui m’avaient précédé sur la Route : car je viens de lire la thèse de Philippe Lagadec sur ce point particulier du phénomène hippy… et elle me confirme dans mes souvenirs… En 70, ce n’était déjà plus la foule des « hippies » en quêtes massives de paradis artificiels ; la « moitié » des voyageurs qui venaient (et en avion souvent !) en Inde ou au Népal, ne demeuraient, lit-on, que de « une semaine à trois mois », sautant directement dans les villes-cultes de la fin de la Route ! Idem, trouvé aujourd’hui, dans la Route de Luc Vidal : du monde en été seulement à Katmandu ! 

C’est pour cela que j’ai pu, avec mes amis, baigner calmement et réellement dans l’atmosphère non « touristique » (même « alternative »), non commerciale des pays traversés !

 

Oui ! Tenter de vivre l’existence d’un peuple totalement différent du nôtre était exotique et enthousiasmant… et révélateur…

Cela est écrit un peu partout par ceux qui vécurent en Inde ou à Bali  avant l’afflux des touristes ! Que de prises de conscience, de remises au point de sa propre existence !

Assez curieusement, cette Liberté semblait suffire… Un simple repos dans une atmosphère chaleureuse était sans doute nécessaire après tant d’années de matérialisme, de tensions mondiales, de luttes pour les droits : ce pour les non-autochtones présents sur la Route.

 

Mais le calme et le farniente perpétuel ne suffisaient plus, vers 72 !...

Beaucoup d’alcool y était consommé par les Hippies (les Américains, d’après mes souvenirs, et à Delhi seulement) que j’ai pu rencontrer  dans les hôtels de fortune ; avec les problèmes de foie annexes…

 

Lisez d’ailleurs les premières page de l’Anti-voyage ! Les raisons pour le départ en Inde (par les airs !) sont clairement énoncées : voyage et drogues…  Mais c’était en 74, donc deux ans après « la fin » (d’après moi).

 

 

 Nature et simplicité :

 

L’Inde ne paraissait pas polluée, alors… Katmandu non plus… Dix ans après, même, dans cette dernière ville, on faisait du vélo ; certains qui sont ici s’en souviennent ; c’était en 85. Ce n’est plus possible maintenant. Il faut un masque avec des filtres sur le côté pour pouvoir y respirer ; et regardez les photos que nous y avons faites il y a deux ans… La rivière, le ciel : tellement pollués ! 

Ce qu’on appréciait aussi, en Inde, c’était de pouvoir aller à Katmandu ensuite ; l’Himalaya, des villages comme au Moyen âge, des gens simples… Respirer ! Ce désir de retour au « naturel »,  à la « nature », comme il se traduisit ensuite en France par l’exode en Lozère et l’élevage de moutons (caricature, évidemment !).

 

Retour à la simplicité (même le papier hygiénique était inconnu) ; fin du consumérisme facile ; réalisation de la solitude, du temps libre… Insupportable pour certains : je me souviens de ceux qui ne supportaient pas le silence dans les villages de montagne et devaient  en repartir ! Même en Australie, dans le bush ou les forêts à Hippies du Queensland ; ou dans « ma » communauté des Tablelands (la Zen Colony)…

 

Mais, au fond, cette recherche était plutôt celle de la « liberté ».

Il est évident que Delhi, Calcutta, même Rishikech qui a été mis à la mode par le Yoga de Van Lysebeth n’offraient pas une image idyllique de Nature…  Mais de Liberté, oui  ! 

Or n’est-ce pas, au fond, le vrai sens de ce besoin de « retour à la Nature » en soi : sa dite « nature profonde » ! ?

N’en était-il pas de même pour, par exemple, Gérard de Nerval et plusieurs peintres du XIX ème siècle ? Ils entreprenaient  le voyage en Orient, en rapportaient de somptueux tableaux et récits.

Mais cet exotisme ne touchait  que  de rares personnages ; voyez, en parallèle, l’aventure du petit fils de Gauguin, écoutant l’appel de la Liberté, et voulant suivre son ancêtre dans les pays  exotiques : il s’arrêta « simplement » à Ibiza ! En 1933…

« The Call of the Wild », dirait Jack London…  « Se libérer du Connu » (1970, Krishnamurti), « Le Pèlerinage aux Sources » … Lanza del Vasto… « On your own, like a rolling stone…» (Dylan,1965) : le message était dans l’air !

 

Quitter ce que l’on nomme aujourd’hui Métro, boulot, dodo, avec assez d’énergie (du désespoir) pour ne pas se faire retenir par la famille, les amis, le souvenir d’une rupture, ces « attaches » qui agissaient  souvent comme le Chien du Pèlerin sur la Carte du Tarot.

C’était difficile ! Déjà c’est difficile de quitter la France…

 

La France est pantouflarde ; de manière impressionnante ! Essayez ! Vous téléphonez à quelqu’un que vous avez rencontré il y a 30 ans : il habite toujours au même endroit en France ! Caricature ? Peu de gens sont partis, je vous dis. Non ! Seules quelques rares personnes un peu « spéciales » (les freaks)  avaient le courage… ou l’inconscience de partir dans une telle aventure. 

Pensez ! La première réflexion, quand vous disiez « Ah ! je vais partir en Inde ! » était :  « Alors tu fuis ! ».  

Il fallait toujours trouver la riposte : « Moi, je fuis peut-être, mais vous, vous fuyez aussi votre désir de partir ».

Pour eux, cela a donné Mai 68 ! Quand ils ont éclaté, pour les mêmes raisons, ils n’ont pas éclaté de la même façon.

Typique aussi : on fait des révolutions ; on tape sur les autres. Mais on ne se dit pas, bon sens à la rescousse : « Mais, qu’est-ce que je fais ici ? Si je ne suis pas bien, je vais voir ailleurs si ce n’est pas moi qui ai des problèmes. »

D’ailleurs dans les conclusions, c’est cela même.

Il y a certaines personnes qui se disent, après avoir vécu des années à Goa : « Je vais commencer à m’assumer, parce que tout ce que j’ai vécu à Goa… » ; etc. (Voir Youtube)! Car, pour eux, Goa, ce furent les expériences d’introversion par les drogues et le face à face avec l’inconnu.

 

                              Mat[1]                     Mat 5

                                                Le Mat

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:45

Ceux qui semblent s’être intéressé à l’Inde, ce furent surtout les Américains. Ils avaient un passé : les Beatniks ; et avant eux : les Thoreau, Emerson, les Transcendantalistes, etc.  Ils étaient tous captivés par la Bhagavad Gita et la citent beaucoup. Thoreau se levait le matin en la lisant...

Ce qui relie à Auroville, dont on parlait en 61 en France : Sri Aurobindo l’a en effet traduite en anglais.

Et quelques Upanishad aussi étaient célèbres dans ces « milieux ». Et tous ces « philosophes » eurent un fort impact sur les Hippies… et sur toute cette génération des Alan Watts, Ginsberg, … qui , eux, ont parlé de l’Inde, mais uniquement sur le plan philosophico-religieux.  

Autre point-pivot : Gandhi aussi lisait la Bhagavad Gita

Donc le lien ce serait : la Bhagavad Gita.

 

En France : cela relie à Lanza Del Vasto, au Yoga. Car la première partie de ces influences, nous ne l’avons pas eu en France, où l’on peut bien dire que personne ne connaissait les Beatniks, ni les Transcendentalistes (même les spécialistes des Etudes littéraires américaines, dont je faisais partie et côtoyais !).

 

En Angleterre et en Australie, peut-être peut-on évoquer l’impact des Beatles pour mettre l’Inde à la mode : ils ont beaucoup fait parler d’eux  quand ils sont partis à Rishikesh. Au départ ils allaient certes y chercher « quelque chose », en plus de la musique ; ce qui a permis tout ce voyage, toute cette époque, à amener l’intérêt pour la musique, le sitar, les tablas.

 

Il y avait également les Hare Krishna. En Australie, je les ai photographiés lors du premier Pop Festival (c’est sur Internet ; Wallacia). Ils avaient des « tambours » et, ce qui est intéressant, c’est que leur influence sur les Hippies semble avoir  été de les faire passer de la guitare aux bongos, djumbe….

J’ai noté cela dans un livre déjà, car auparavant, c’était le violon, l’instrument des premiers « clochards célestes », avant la Beat generation… ou des « Chercheurs de Spiritualité » ou de Liberté… De tous les Wandervogel d’Allemagne, de tous ceux qui voulaient se libérer. On en rencontre dans George Sand (Consuelo).

D’abord, ils prirent une guitare (à la Woody Guthrie : folk revival…). Ensuite, maintenant… et il suffit d’aller voir à Ibiza, à Beniras, comme conseillé par les Guides, pour s’en assurer : tout le monde tape sur des tambours ; plus facile !

 

Oui ! On peut également parler d’un autre personnage,  mais je ne sais pas quelle influence il a eu réellement : c’est Meha Baba. On en parle sur un forum rainbow ces jours-ci. C’était un sage qui avait son petit groupe - c’était avant l’arrivée de Rajnesh, plus tardive, 74,  je crois… 76, où il a fondé son ashram à Puna, en Inde.

J’ai rencontré ses disciples sur la Route, dans le Nord de l’Australie ; la « Route » était également, alors, pour les Australiens, le « simple » passage de Melbourne-Sydney jusqu’au Queensland et ses premières communautés.

Encore une fois, n’oublions pas que les distances, en ces années, ne se parcouraient qu’avec beaucoup de temps (ou d’argent). C’était l’époque où Meher Baba ne parlait plus. Il se servait de la ouija-board, cette plaque qui permet d’appeler les « esprits » le soir, quand on n’a rien à faire…

Les Hippies faisaient beaucoup de telles « seances » en Australie…

 

J’en profite pour une digression, mais en lien : les bases « culturelles » de cette période et de ceux-ci, leurs lectures et leurs supports de réflexion étaient : Gibran, le Yi King, l’Astrologie, le Tarot, Krishnamurti, Robert Rimmer… Jefferson Air plane surtout, en musique.

Rien d’ « indien » vraiment… Je n’ai pas de souvenir de  musique de Ravi Shankar dans les crash pads australiens ou sur la Route…

Si ! Une chose extraordinaire dont je me suis souvenu : j’étais dans une bibliothèque ; quelqu’un est passé derrière moi et m’a dit : « Il faut lire  Le voyage en Orient  de Herman Hesse » ;  et houp !  Il avait disparu !

Mais cet ouvrage de Hesse, je m’en suis rendu compte après, personne ne le connaissait… et il ne m’a pas tellement marqué moi-même. Par contre, son Siddharta  me semble avoir beaucoup touché de monde un peu plus tard… et a peut-être donné envie aux Australiens, d’aller en Inde.

Ils se sont longtemps contentés de Bali ; et pas pour la spiritualité, comme déjà mentionné  !

 

Si je reviens à  la France, en lien avec cet ouvrage, ce sera pour noter que l’on y avait entendu parler du Bouddha et du Bouddhisme ;  par le docteur Schnetzler et Arnaud Desjardins, en particulier. J’y reviendrai encore… L’image du Bouddha était quelque chose d’important. Et même si dans les cours de Yoga, on ne parlait pas de son Enseignement, n’empêche qu’on prenait la posture classique en la disant « du Bouddha ».

 

L’aventure de Herman Hesse dans Siddharta image bien le départ de cette Route des Indes ! A partir du besoin de  « spiritualité » qui était au fond de tout le monde. Les tentatives, dans les milieux « intellectuels »  et « branchés », d’après ce que j’ai pu constater alors, se firent via Planète, après les Rosicruciens lisant Max Hendel.

Ces milieux parlaient beaucoup de leur désir de prendre du LSD ou de participer à des messes noires ! Les laboratoires Sandoz en fournissaient… 1962… Mais la France était si lourde, si matérialiste, si endormie, si « normale » que la « drogue » demeurait un sujet intellectuel…

Pour « respirer »… on commençait à espérer qu’il pourrait y avoir une petite échappatoire possible grâce au Yoga ; mais cela ne suffisait pas.

   

Certains commencèrent à dire : On va aller voir ailleurs si l’herbe est vraiment partout… Ils partaient sur la route des Hippies, des Indes : les Chemins de Katmandou, … appellation donnée en 68 par le livre abominable de ce monsieur Barjavel, qui n’a certainement jamais côtoyé les Hippies, en Inde, sinon dans ses phantasmes. Il y a un autre livre sur les communautés hippies, à l’époque :  « Flash ou le grand voyage » (Charles Duchaussois) ; on voit comment on cherchait à séduire « la jeunesse » via les drogues… Même phénomène qu’à Haight Ashbury : curieux ! 

 

Et alors, cela fonctionna ! L’obsession des drogues, du sexe, je le répète,  je n’ai jamais vu cela sur la Route, entre 70 et 72.  Je l’ai appris, par contre, dernièrement, par une rencontre avec un des Pèlerins de cette Route (en 68, lui) : j’en tire la conclusion que nous ne fréquentions pas les mêmes lieux ! Nous connaissions l’existence de Kuta beach et de Goa, mais ce n’était pas notre « trip »… et les lieux vraiment « hippies » (Cairns, Kuala Lumpur, Delhi, Calcutta, Katmandu) étaient encore pour les « spiritualisants » !  Bangkok ! Ah oui !... Dans l’hôtel hippy, en plein centre-ville… La descente de police annoncée… Là, il devait y en avoir, de la « fumette » ! Mais ce ne fut qu’une alerte…

 

Nous avons du vivre entre deux « époques » de cette… époque ! C’était avant 72, avant le début de la fin de cette aventure extraordinaire. Ensuite, trop de monde y partit alors pour des raisons différentes des « nôtres »…

Lorsque j’ai relu Muriel Cerf, son Anti-Voyage (de 70, publié en 74), je n’ai pas noté l’attrait de l’Inde plus que d’autres pays… « Chine » ou « Java » ?…  Inde, en fin de compte ! Sans raisons…

Pour d’autres : Espagne ? Tanger ? Formentera ? Marrakech ?

Mais la mode a soufflé !...

Donc : tous ces écrivains pré-cités, ces chercheurs de sagesse orientale, ont certainement beaucoup plus marqué les pays anglo-saxons, Etats-Unis, Australie que la France. Aucune de mes relations de l’époque, même ceux qui « firent » cette Route, ne parlaient de la spiritualité orientale. Dans le Manuel de la Vie pauvre (74) auquel j’ai participé anonymement, donc après la Route que deux des autres auteurs avaient « faites » également déjà : pas un mot !

 

Moi, j’ai fait le voyage dans le sens non « classique » ; je suis parti d’Australie pour aller en Inde ; pour différentes raisons …

 

 

Aquarius (BG

 

 

 

                

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:43

C’est l’origine de ce phénomène de « pèlerinage » qui est surtout intéressant, il me semble : la pulsion inconsciente  des « alternatifs » de l’époque, vers l’Inde, elle qui a mis ce pays en valeur, qui en fit quelque chose d’intéressant, un voyage incontournable ;  au point qu’aujourd’hui (2011) vous avez sur Arte la Journée de l’Inde et à  Paris ( Centre Beaubourg)… la Journée de l’Inde.

 La mode s’en empara ensuite très vite… Curieusement. Qui ne va ou ne rêve d’aller en Inde aujourd’hui ?

Mais en 67 ( ?), lorsque cette destination a commencé à être quelque peu « dans l’air » en Europe, très peu de gens y allaient ; je l’ai déjà dit : ils se comptaient vraiment sur les doigts d’une main ; ou presque ; regardez les deux forums qui recherchent ceux qui « firent la route » ! Il n’y a pas pléthore de documents !

Il fallait du temps pour ce faire ;  pas pour un mois de vacances ; vraiment « tout quitter » ! Surtout dans les conditions « primitives » du voyage !…

Pour moi, dans le sens Australie-France, cela dura 9 mois…

 

Inde (ville

                                                                         Inde (ville)

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:42

Si l’on ne rencontrait  « personne » sur la Route, c’est qu’il n’était pas facile d’aller si loin sur la planète !

14 jours de voiture, ai-je entendu, entre Népal et Allemagne. Et le train et le bus pour aller d’Inde au Népal ? Plusieurs jours !

Dans l’autre sens, les aventuriers du Magic bus nous donne des précisions : simplement pour aller de Paris en Inde, il  fallait 10 semaines de bus de France en Inde !

 

Combien de personnes la firent : soit par le trajet qui partait de Londres pour l’Inde, voire qui se continuait pour certains jusqu’en Australie ; soit dans l’autre sens, plus tardif (71) ?

Les commentaires de ceux qui vécurent cette expérience quelques années plus tard sont identiques : peu de monde, sauf dans les lieux où la « mode » des drogues attiraient les « plastic hippies » à Ibiza (à Goa ou Kuta Beach surtout… Lisez Valérie Lagrange, Muriel Cerf, Brigitte Axel à ce sujet !

 

Il y avait vraiment 2 mondes, même avant 72 :  ceux qui faisaient le Voyage en Inde… et les autres !

Cela commençait à l’époque où j’étais à Bali. Personne sur les routes où l’on pouvait circuler en moto de location sans aucun obstacle… Aucun « étranger » dans les temples et les villages. Il n’y avait que Kuta Beach où l’on savait qu’il y avait des fêtes (le fief des Australiens en goguette, déjà !). Tout le reste étaient six ou sept  Hippies qui lisaient au café…

On nous donnait le Mahabarata dans l’un d’eux, à Denpasar (au Two Sisters). Les livres circulaient beaucoup entre les voyageurs qui les déposaient aussi dans « nos » hôtels bon-marché. De même dans les cafés qui rassemblaient tous les Hippies du Queensland, à Cairns et à Kuranda, à Sydney (Village centre et Wayside Chapel) ;  de même qu’à l’Alliance française de Katmandu.

Entre parenthèses, les « cafés » n’existaient pas encore à Melbourne ; que des salons de thé « à l’anglaise » en sous-sol ; et Brisbane était un village sans aucun des gratte-ciels actuels ; comme Kuala Lumpur ! Regardez mes photos !Happy few dans café Happy few dans café (Sydney)

 

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:37

Je vais sans doute le répéter souvent : il n’y avait que très peu de gens  sur cette Route ! Hollandais, Allemands,  Australiens, Anglais étaient presque les seuls à arriver dans ces terres. Sur toutes les photos que j’ai faites (et j’en ai fait beaucoup !), on ne voit que très-très peu d’ « étrangers » : un à la Poste Restante de Dehli…, quelques-uns dans Freak Street de Katmandu et dans la Maison des Hippies près du Sanctuaire ; six à regarder le lever du soleil sur l’Himalaya, à Nagarkot…

Regardant les témoignages, aujourd’hui, je découvre de même… et au contraire de ce que j’ai vu : en 1970,  un seul européen à Calcutta alors que Katmandu en débordait (écrit F. Letters, dans People of Shiva)…

Où que l’on aille, même à Old Delhi (on la nommait ainsi alors) ou à Calcutta… nous, nous ne rencontrions aucun français, aucun touriste ; et très peu de « freaks »… La plupart préféraient Katmandu… Et entre l’Australie et l’Inde, dans tous les pays obligatoirement traversés en bateau ou en bus, généralement, il en était de même : on était six à Timor… trois ou quatre à  Jakarta, une dizaine à  Surabaya et Kuala Lumpur,  trois à Padang, une trentaine à Bangkok de même qu’à Bali…

Vous avez vu l’affiche de ma Conférence ?  J’ai fait cette  photo en 71. L’unique photo d’un hippy là bas, parce que… ça ne courait pas les rues ! Lorsqu’on est allé visiter les temples, on était deux ou trois. Dans tous les fameux temples de Puri, de Bubaneshwar…

 

Normal ! Car en ce qui concerne l’Inde, les statistiques disent : en 1970, il y avait seulement 1500 Français sur tout ce pays ; et 100000 européens ou occidentaux s’y trouvaient (une Thèse d’Alexandre Marchant cite ces chiffres : Pamla, Honolulu, 2010).

 

Mais, grâce à cela,  partout, lorsque l’on allait voir un village, un marché, un artisan, un temple éloigné, un  ashram, nous étions accueillis si chaleureusement ! Tous étaient si heureux parce qu’ils n’avaient jamais vu de « blancs », ni de Français. Dans tous les villages d’Indonésie, et surtout à Bali, nous étions considérés comme le serait un Président de la République ! Non seulement par les enfants qui essayaient leur unique phrase d’Anglais : What is your name, Sir ?... Mais par les Officiels également !

Je me souviens, entre autres rencontres, de ce Chef de Gare, en Indonésie, qui se présenta comme tel, casquette fièrement exposée, et nous invita chez lui… Et de plusieurs habitants qui firent de même ; certains de leurs enfants commençaient à être avides de notre « culture » ( ! ) et nous présentaient des pages de journaux féminins français ; ah ! oui ! un jeune autochtone, aussi, qui  essayait de faire un groupe de pop music « à l’américaine » (à Denpasar) ; un autre  (à Katmandu) qui se comportaient en véritable caricature « moderne », scandant des morceaux de rock en marchant  et gesticulant dans Freak Street

Mais rares cependant ; que ces deux cas « décalés » dans mes rencontres.

Ce fut plutôt à des spectacles de marionnettes traditionnelles, de danses et de musiques rituelles, ou à des rencontres et des fêtes privées, que nous fûmes invités.

Les autochtones étaient toujours très sympathiques ; et dans le sens Europe-Inde : de même, paraît-il. C’est par les on-dit d’une ou deux de ces voyageurs et de leurs lettres que nous l’avons appris. Anecdote : quand l’un d’eux est revenu en France, ses parents ne l’ont pas reconnu. Il avait des cheveux jusque là, une barbe comme ça… Un autre cas, plus symptomatique (hélas !) : lui fut accueilli par un « juste quelques minutes ! Il y a Des Chiffres et des Lettres à la télé ! »

 

Bali temp enfts3[1]

                                                 Enfants dans un temple, Bali

 

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 15:58

Pour le sujet qui nous occupe, tout partit de San Francisco.

Uniquement de San Francisco. Premier départ… pour prendre, par la suite, après le relais des communes ou des expériences spirituelles, le départ de la Route des Indes..

En Europe, l’appel de l’Aventure avait  la Crète et Ibiza comme premiers relais. Tout comme, à une autre époque, la liberté se disait être en Angleterre : A nous les petites Anglaises !

Le phénomène, que l’on nommera « hippy », était plus vaste, plus international : « On venait de loin », comme dit la chanson devenue célèbre plus tard : « San Francisco…(…) C’est une maison bleue… » Et dans le texte, après, on entend : « Ils avaient fait un long parcours pour en arriver là » !

Mais « là » ce n’était pas encore très loin ; pas du tout « les Indes ». Les gens se regroupaient seulement, inconsciemment,  pour que les « idées » d’aventure trouvent leur « exutoire » réel, leur « chemin qui a du cœur » , comme écrivit Castaneda un peu plus tard (Voir, 1972).

Et je le répète : ce fut  surtout à Haight Ashbury, dans San Francisco, que tout le monde sentit alors de se rassembler ; chacun le sait aujourd’hui !…

Epoque 66, 67, 68… et que ce soit en France, ou que ce soit dans d’autres pays, on ne parlait pas de l’Inde ! Ou uniquement pour évoquer certains sages qui commençaient à être traduits en France :  Spiritualités, Mythologie hindoues, par Jean Herbert, la revue Yoga de Van Lysebeth,  Sri Aurobindo (même si Planète en avait parlé en 60 ou 61 !), les ouvrages de Lobsang Rampa (56) et de David Neil qui parlaient du Tibet « mystérieux ».

L’image était vague, même pas sentimentalisée…

Le « paradis », c’était plutôt les cocotiers, les lagons des publicités… Le mythe de Tahiti !

 

Lorsque les Tibétains ont fui pour aller en Inde, en 68, le nom de ce pays commença à être popularisé. Voyez ! Lorsque j’ai pensé à notre rencontre d’aujourd’hui pour évoquer ce voyage en Inde, j’ai écrit à certaines personnes qui y étaient à cette époque ; elles sont rares ; regardez ce qu’en disent les sites sur ce sujet… Rares eux aussi ! Et j’ai reçu la lettre d’Alain Duval, via sa compagne… Lui , directeur d’une Alliance française, est décédé depuis plusieurs années ; mais j’ai encore quelques-unes des missives qu’il m’envoyait pendant son voyage et qui aidèrent quelque peu ma propre décision d’y partir aussi, quelques années plus tard. Celle-ci  nous dit : « On part en Inde, parce qu’on sait qu’on va retrouver les Tibétains qui vont en Inde à ce moment là. »

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 15:44



Hippy, départ

 

  La notion de Départ, vous la connaissez ! Elle fait partie, de nos jours, de la psychologie la plus basique ! En 68, ces thèmes n’étaient pas du tout « populaires », même dans les Elle et Marie Claire ! Seuls les gens intéressés par le Yoga et la Nourriture saine, ces « découvertes » des années 60, et  ceux qui se plongeaient dans Pierre Daco ou les articles de Planète, se posaient des questions sur  cette soudaine envie de certains.

Il faut vraiment réaliser la différence énorme entre cette époque et aujourd’hui, dans les milieux que l’on nomme « alternatifs ». Alors : l’existence réelle, ici et maintenant, face  au virtuel et aux discussions d’aujourd’hui ! Le « Just do it » des Hippies face aux… indignations, spéculations, projets, attente de 2012 et « plans » pour changer la société. La « charité » bien ordonnée commençait par soi-même. Le ras-le-bol poussait à changer de cap par amour de soi-même ; pas à chercher et à combattre longuement des « boucs émissaires » ou les ennemis des autres peuples ou groupes sociaux ! Ni à les aider, comme « jadis », à l’époque des problèmes du racisme ou de la guerre, aux USA.

Chacun pour soi !

Do it ! Drop out ! Fuck the system ! Freedom !

 

 

Il y a toujours un moment, dans l’existence, où l’on se dit : on serait mieux ailleurs ! Soit parce que l’on est persécuté… Regardez : l’Amérique a été squattée pour cela ! Les gens étaient tellement persécutés  en Europe qu’ils étaient partis dans un autre pays … Vers le « nouveau monde ».

A chaque époque, il est des flots de gens qui essaient de partir. Pendant la guerre : à Londres... Parfois également pour des raisons financières. Voyez les gens de la Cécilia et ceux que mena en bateau ( !), dans le Pacifique, le fameux  Marquis de Rays (1832-1893), rapporté dans Port Tarascon de Daudet (voir mon Site sur les Utopies).

Qui n’a eu ou connu un de ces oncles d’Amérique partis aux Etats Unis pour y faire fortune ? Voir mon livre et le Site qui répertorient certains de ces grands exodes.

Et sur le plan sentimental également : c’est ce que l’on conseille encore un peu partout après un grand chagrin d’amour ! « Allez ailleurs ! L’herbe y est toujours plus verte, dit-on !  Changer d’air, ça va te changer les idées ! »…

 

A-t-on d’autres choix, dans l’existence, devant chaque obstacle ?… Trois choix  lorsque « ça ne va pas » :

Soit on essaie de faire en sorte que cela aille mieux : on fonde une famille, on fonde une société, une communauté (comme après la fin de San Francisco) ...

Soit on tape sur tout  le monde : on se révolte, on s’insurge, chez soi, dans son « monde » ou en grand : en faisant des révolutions, des radios « pirates », etc.

Soit l’on s’en va ; l’aventure pour voir ailleurs si « c’est mieux. » You like it or you leave it: c’est marqué un peu partout aux Etats Unis. Vous aimez ou vous partez ! Pour éviter les boucs émissaires ou pour éviter de se fatiguer à faire des kyrielles de tentatives, d’entreprises, etc. ; de se taper la tête contre les murs ou de se faire taper dessus.

Le suicide, la maladie sont aussi des alternatives identiques.

 

Mais en grand, comme pour ce départ sur la Route des Indes 

Oui ! Il y a des moments où cela se passe miraculeusement en « grand » sur la planète ;  enfin : dans une certaine relativité, tout de même ! Un consensus tacite qui devient mode… Assez extraordinaire de noter cela dans l’existence ; comme le chantait un peu plus tard McKenzie : «  If you go to San Francisco… Everyone in motion, such vibration… »

Tout le peuple, soudain, est conscient d’un phénomène  nouveau de « mouvement », de « révolution » à grande échelle ; ou y participe et se met à bouger. Comme cet exode de milliers d’enfants au Moyen Age  en direction du Mont Saint-Michel ; et les Croisades ; et le Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle ; même si il y eut, en coulisse, des « coups de pouce » pour propulser « tout le monde »…  N’empêche ! 

Car encore faut-il quelques mystérieux facteurs pour que l’idée prenne corps ! Cycles cosmiques, « idée dans l’air »… effet « ludion » : allez savoir !

 

Grand départ(F)

            Poster hippy

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 09:39

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J’ai revu et corrigé, et complété, la conférence relativement improvisée que j’avais donnée à Paris, au Festival France-Inde d’Aubervilliers, le  11 Juin   2011… J’y avais été invité par Monsieur Amirdine FAROUK, pour parler de « ma » Route des Indes, parcourue de 1970 à Mai 1972 en partant de Melbourne (Australie).

J’ai pu ainsi y joindre les photos prises à cette époque…

 

  conference inde[1]

 

 

 

 

LA ROUTE DES INDES (70’s)

 

Essai sur une Aventure… et digressions !

 

L’AVENTURE…


 

Je n’avais pas pris beaucoup de notes pendant ce voyage… Lorsque l’on vit pleinement quelque chose, on se « contente » de la vivre ! De plus, à cette époque, en Australie, on ne parlait pas de la « Route des Indes »… Certains, dans ce pays, mettaient de l’argent de côté … mais seulement pour aller en Angleterre, terre de leurs origines !

 Jusqu’au jour où « quelqu’un » décida de planifier un voyage vers l’Inde, via tous les pays intermédiaires qu’il avait dû lui-même visiter en solo, pour quelques intéressés ; j’en faisais partie ! Nous n’étions que très peu, six ou sept, je pense… Un petit livret nous était remis, édité par Forsyth, sans doute la seule agence ( ?) de voyage de Sydney… Avec quelques adresses d’hôtels… En fait, souvent de « futurs » hôtels, le tourisme n’existant pas encore en maints de ces lieux.

Vu mon contrat avec  ABC Radio Australia pour qui j’écrivais des histoires de voyage et les racontais sur les ondes, via les stations de radio des grandes villes traversées, j’observais par contre assez sérieusement  tous les événements, les lieux, et interviewais les personnages « haut en couleurs » rencontrés ; avec, tout de même, un assez grand nombre de photos, ayant pris cette habitude lorsque journaliste au Journal Calédonien… Mais très peu de celles-ci, en fait, montrent des autochtones en gros plan ; ils  n’appréciaient guère de se voir ainsi, suivant leurs croyances,  « voler l’âme ». Beaucoup se cachaient très rapidement, surtout dans les lieux reculés de Timor et, plus encore, sur les îles de Sumba et Lombok !

Comme certaines personnes me l’ont fait remarquer : lorsque l’on  cherche sur internet des photos de cette époque,  il n’y en a pas !  Juste quelques unes…

Voyager ainsi, partir à la découverte des autres civilisations était un fait naturel pour certains ; les anglo-saxons ne sont pas casaniers ! Et l’on ne pensait pas à faire des photos pour immortaliser ce que l’on vivait. Et je n’allais pas non plus faire des gros plans sur les Hippies tout heureux de leur anonymat… lorsque je finis par en rencontrer en Inde ; auparavant, à part notre groupe, dispersé dès Bali, aucun ! Certes, la Route des Indes « officielle » allait dans l’autre sens : France-Inde !

Les Hippies australiens, eux,  restaient dans leur pays ; suffisamment vaste ! Il y en avait partout à cette époque, et  nombre de « notables »  portaient eux-mêmes des cheveux longs et étaient vêtus comme ceux de San Francisco ! Voyez mes reportages et les photos sur Internet !

Ce qui est surtout intéressant, il me semble, c’est de voir  les raisons de cet « exode » à la fin des années 60 … Ce  brusque départ vers « ailleurs » !

                      

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