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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 20:53

Les témoignages sur les conséquences de cette expédition en Inde n’étaient pas très réjouissants non plus… D’après ce que j’ai vu, il y a eu le livre de Barjavel, les Chemins de Katmandou qui était terrible, plein de ses phantasmes (et la préface : stupide !) ; il y a eu Muriel Cerf, en 1974, l’Anti-voyage, qui n’est pas non plus très réjouissant. Le film La Bonzesse (F. Jouffa,1974) : elle se prostitue pour avoir de l’argent afin d’aller en Inde « pour révélation spirituelle »… ET l’effrayant « Flash » ; et les histoires sur tous ceux qui n’en sont jamais revenus…

Et cependant, toutes ces expériences et récits sous diverses formes ont donné par la suite à tout un tas de gens l’impulsion d’aller en Inde… Pas la Route, souvent ! Directement sur place : Inde, Népal… Aujourd’hui, que de monde ! Mais plus aucune spiritualité. Ce sont des touristes.

 Regardez ce qu’il en est de Goa, de Bali, d’Ibiza qui étaient aussi sur la Route pour certains… Certes, on les a parqués à Katmandu, dans le quartier de Thamel, à  Kuta  et à Ubud de Bali (très vite !), à San Antonio, à Anjuna (Goa). Les authentiques « clochards célestes » ou émules n’y sont pas… et ne sont plus, non plus, dans Freak street ; sauf quelques rares « anciens » en visite souvent (respectivement , d’après ce que j’ai vu récemment, à Kintamani, San Carlos, dans les forêts du Queensland… Des touristes qui ne sont intéressés généralement par rien d’autre que la nourriture, qui est très souvent saine  (« bio ») maintenant, qui sont intéressés par les rencontres d’entraide, bien sûr,  mais surtout par les drogues et les raves…

A la « grande époque » de la Route, on n’échangeait que très peu de conversations « intelligentes ». C’était surtout des : Vas à tel endroit ; tu ne payes pas. Visite tel ashram, tu pourras y manger et loger… D’où le livre Le Manuel de la Vie Pauvre auquel j’ai participé en 74.

 

C’était vraiment des rencontres très terre-à-terre, car chacun était dans son « trip » intérieur, sa recherche spirituelle et son aventure personnelle, sa solitude… A la Gandhi, à la Lanza del Vasto, Ramdas, Vinoba marchant à travers l’Inde…Dans la conscience de faire partie d’une grande tribu qui avait trouvé sa Voie, loin de ce qui fut nommé vers 74 « Babylone » : à travers les différents pays qui menaient tranquillement et de manière colorée et exotique, au  but, à l’Inde ou au Népal, certes ; mais à Soi, en fait, au meilleur de soi désencombré des futilités, des consommations inutiles, des problèmes évitables… Donc, oui !... dans le Moi-je… Mais pour approfondissement des composants de ce couple ; pas dans l’actuel ( souvent) Mais-Moi-je  qui est identification à une opposition, du bouc-émissairisme sans fondement culturel ou cultuel authentique et autonome.

Tous semblaient heureux, jusqu’en 72, à ce que j’ai pu voir ; ou n’exposaient pas leurs problèmes, ne critiquaient pas le monde « normal » ; le quittaient… Drop out !  Soit s’habillant comme les autochtones (Népal, Inde) , soit se parant, comme les flower-children, comme des enfants libres de contraintes, pour se rire des « déguisements » officiels des gens « normaux » : tissus indiens, fleurs, colliers, clochettes…

A Ibiza, à San Pedro (Espagne), à Goa, surtout, et encore quelque peu (mais très rarement) aujourd’hui, beaucoup s’y déguisent en hippies ; mais seulement pour taper sur des tambours ! Ils n’en n’ont rien à faire du coucher de soleil de Beniras, ce haut-lieu de l’Enthousiasme religieux (pléonasme !) des années du  « Magic Ibiza » , de l’atmosphère intériorisée de jadis ; ils n’ont aucune conscience de ce que furent ou sont les Hippies… de ce mouvement de libération, libération physique, libération émotionnelle, où l’ on rencontrait des gens, ses semblables en approche de Conscience. Ni conscience du besoin de libération mentale, qu’ils cherchent, certes, mais par réaction, dans l’abrutissement des raves ou l’anesthésie des drogues ; mais sans comprendre ce besoin vital qui les pulse !

 Sur la Route des Indes, la plupart des pèlerins essayaient de faire comme le Bouddha, d’atteindre  la libération. Des gens en méditation, parfois, même sur la Place de la Fontaine El Alamein, en plein Sydney !

 

Bali55

 Bali

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Published by sur-la-route-des-indes-des-hippies-pendant-les-70s
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