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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 21:02

Certains forums relaient l’origine de ce phénomène :  certains, disent-ils, lancent sur Facebook : « Venez il y a des gens tout nu ! On peut fumer ! Pas de police ! »

Et voilà  tout un tas de gens qui débarquent, comme en Australie l’an dernier, à la Confest, comme dans Melbourne, ou à Ibiza tous les étés, (et surtout des Français),  des êtres à la recherche « d’autre chose », certes (les mêmes « choses » que les Hippies d’antan), mais qui, eux,  là, sont totalement « déphasés » face à ce qu’ils trouvent : des êtres qui ont déjà fait un peu du parcours vers leur « moi profond » (dit-on !) ; ils  ricanent, critiquent, agressent, perturbent cette « philosophie » des Voyageurs revenus du Hippy Trail ou des atmosphères encore « spirituelles » de coins reculés du Queensland australien, d’Inde, de Bali ou du Népal… « Pourquoi ils rient tous ces gens là ? Pourquoi ils sont nus ? » ; sous-entendant :  « Moi, je sais mieux qu’eux qu’il ne faut pas vivre ainsi…Superficiel… Cinéma… Retour à l’âge des cavernes… Oui ! ils s’entendent peut-être ; ils paraissent heureux… MAIS-MOI-je ne veux pas, trouverai mieux la prochaine fois, ai des projets de… Suis différent ! Plus mature… Plus sérieux… D’autres techniques… »

 

Elle avait pourtant survécu pendant des années après la « grande époque », dans tous ces lieux, l’atmosphère, la philosophie silencieuse mais mise en pratique évidente des Pèlerins vers l’Orient mythique, les Hippies de la Route des Indes, des nouveaux ermites allemands, anglais, australiens, américains ou français installés sur les ghâts d’Inde, sur les marches des temples de Katmandu, dans les chambres sombres et délabrées du quartier de Swayambunath…, voire dans les trois grottes d’Ibiza ou ses bergeries en ruine… Et dans les rassemblements, des Espiguettes aux Fêtes des Dalias et de Beniras, les Confests, Burning Man, Nowhere… Jusqu’à 1990 ou 2008, suivant les lieux…

 

Et l’on comprend la Nostalgie de ceux qui ont vécu « la belle époque » : regarder et écoutez les témoignages sur le Net, des anciens de Goa, d’Ibiza et autres lieux de « paradis retrouvé »…

 «  I fly over these days . . . I got a passport issued in Delhi in 1969, still got it and it's in the same condition as yours ! There was experiences to be had on that road between '65 and '75 and they are gone now, but if you was there they will never leave you and no-one else will quite understand and what does Kurt say . . . . "so it goes" . . . . thanks again Hans. » (Fraser)

 

 Mais diverses sont les réactions face à cette Nostalgie :

« Ah ! La, la… C’est le seul moment où je me suis senti dans ma plénitude de vie ! » entendu « un peu partout » dans les témoignages sur Internet surtout.

Mais un autre m’a déclaré :

 « Je ne veux plus en entendre parler, je ne veux plus penser à ça ! »

Une dame, que j’ai rencontrée tout à l’heure, m’a dit avoir pris cette Route beaucoup plus tard :

« Ah, c’était tellement beau ! On essaie de ne pas y penser… »

 

Soit on a vécu tellement bien cette aventure et on ne peut plus retrouver cet état : donc on « s’enterre ».

Soit on aimerait renouveler l’expérience… Mais il faut tout de même de l’énergie pour repartir l’affronter, même si les conditions actuelles de voyage sont à des années lumières de celles de l’époque…

Et l’on sent que cela ne peut pas se refaire ! Certains essayent, par regret de ne pas avoir vécu cette époque, d’imiter les Hippies…

Ce n’est pas possible !

Les Hippies, c’était à un moment donné précis… au sein de paramètres qui n’existent plus…

D’ailleurs, ils ne s’appelaient même pas Hippies ; sinon, l’on aurait appelé Hippy street, « notre » rue de Katmandu ! On l’a nommée Freak street. C’étaient des freaks ! Pas seulement ceux qui… les pelouts  à Ibiza… ceux qui avaient de longs cheveux !

Non ! Des gens qui étaient « spéciaux », différents des gens ordinaires, en « révolution » intérieure…

 

Oui ! Ces expériences demeurent en tous ceux qui les vécurent et leur regard, leur parole, leur manière de vivre transmettent sans nul doute, par mimétisme, à tous ceux qui s’ouvrent aux possibilités de l’autonomie intelligente, … du «  Just do it yourself », un pulsif pour y accéder quelque peu…

Et disparaît leur Nostalgie, à la plupart, puisque leur permettant de parler et de  revivre ainsi à chaque instant le miracle, en eux, de la Route des Indes !

 

 

Ceux qui sentent l’Appel du « freak » trouveront bien leur imagerie de la Quête du Graal à eux, leur Pèlerinage de Saint-Jacques à eux, leur propre Route des Indes vers… ce qu’ils cherchent au tréfonds d’eux-mêmes !

 

 Emmanuel- Yves Monin

 

Bali 09

Bali

 

 

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Published by sur-la-route-des-indes-des-hippies-pendant-les-70s
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