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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:45

Ceux qui semblent s’être intéressé à l’Inde, ce furent surtout les Américains. Ils avaient un passé : les Beatniks ; et avant eux : les Thoreau, Emerson, les Transcendantalistes, etc.  Ils étaient tous captivés par la Bhagavad Gita et la citent beaucoup. Thoreau se levait le matin en la lisant...

Ce qui relie à Auroville, dont on parlait en 61 en France : Sri Aurobindo l’a en effet traduite en anglais.

Et quelques Upanishad aussi étaient célèbres dans ces « milieux ». Et tous ces « philosophes » eurent un fort impact sur les Hippies… et sur toute cette génération des Alan Watts, Ginsberg, … qui , eux, ont parlé de l’Inde, mais uniquement sur le plan philosophico-religieux.  

Autre point-pivot : Gandhi aussi lisait la Bhagavad Gita

Donc le lien ce serait : la Bhagavad Gita.

 

En France : cela relie à Lanza Del Vasto, au Yoga. Car la première partie de ces influences, nous ne l’avons pas eu en France, où l’on peut bien dire que personne ne connaissait les Beatniks, ni les Transcendentalistes (même les spécialistes des Etudes littéraires américaines, dont je faisais partie et côtoyais !).

 

En Angleterre et en Australie, peut-être peut-on évoquer l’impact des Beatles pour mettre l’Inde à la mode : ils ont beaucoup fait parler d’eux  quand ils sont partis à Rishikesh. Au départ ils allaient certes y chercher « quelque chose », en plus de la musique ; ce qui a permis tout ce voyage, toute cette époque, à amener l’intérêt pour la musique, le sitar, les tablas.

 

Il y avait également les Hare Krishna. En Australie, je les ai photographiés lors du premier Pop Festival (c’est sur Internet ; Wallacia). Ils avaient des « tambours » et, ce qui est intéressant, c’est que leur influence sur les Hippies semble avoir  été de les faire passer de la guitare aux bongos, djumbe….

J’ai noté cela dans un livre déjà, car auparavant, c’était le violon, l’instrument des premiers « clochards célestes », avant la Beat generation… ou des « Chercheurs de Spiritualité » ou de Liberté… De tous les Wandervogel d’Allemagne, de tous ceux qui voulaient se libérer. On en rencontre dans George Sand (Consuelo).

D’abord, ils prirent une guitare (à la Woody Guthrie : folk revival…). Ensuite, maintenant… et il suffit d’aller voir à Ibiza, à Beniras, comme conseillé par les Guides, pour s’en assurer : tout le monde tape sur des tambours ; plus facile !

 

Oui ! On peut également parler d’un autre personnage,  mais je ne sais pas quelle influence il a eu réellement : c’est Meha Baba. On en parle sur un forum rainbow ces jours-ci. C’était un sage qui avait son petit groupe - c’était avant l’arrivée de Rajnesh, plus tardive, 74,  je crois… 76, où il a fondé son ashram à Puna, en Inde.

J’ai rencontré ses disciples sur la Route, dans le Nord de l’Australie ; la « Route » était également, alors, pour les Australiens, le « simple » passage de Melbourne-Sydney jusqu’au Queensland et ses premières communautés.

Encore une fois, n’oublions pas que les distances, en ces années, ne se parcouraient qu’avec beaucoup de temps (ou d’argent). C’était l’époque où Meher Baba ne parlait plus. Il se servait de la ouija-board, cette plaque qui permet d’appeler les « esprits » le soir, quand on n’a rien à faire…

Les Hippies faisaient beaucoup de telles « seances » en Australie…

 

J’en profite pour une digression, mais en lien : les bases « culturelles » de cette période et de ceux-ci, leurs lectures et leurs supports de réflexion étaient : Gibran, le Yi King, l’Astrologie, le Tarot, Krishnamurti, Robert Rimmer… Jefferson Air plane surtout, en musique.

Rien d’ « indien » vraiment… Je n’ai pas de souvenir de  musique de Ravi Shankar dans les crash pads australiens ou sur la Route…

Si ! Une chose extraordinaire dont je me suis souvenu : j’étais dans une bibliothèque ; quelqu’un est passé derrière moi et m’a dit : « Il faut lire  Le voyage en Orient  de Herman Hesse » ;  et houp !  Il avait disparu !

Mais cet ouvrage de Hesse, je m’en suis rendu compte après, personne ne le connaissait… et il ne m’a pas tellement marqué moi-même. Par contre, son Siddharta  me semble avoir beaucoup touché de monde un peu plus tard… et a peut-être donné envie aux Australiens, d’aller en Inde.

Ils se sont longtemps contentés de Bali ; et pas pour la spiritualité, comme déjà mentionné  !

 

Si je reviens à  la France, en lien avec cet ouvrage, ce sera pour noter que l’on y avait entendu parler du Bouddha et du Bouddhisme ;  par le docteur Schnetzler et Arnaud Desjardins, en particulier. J’y reviendrai encore… L’image du Bouddha était quelque chose d’important. Et même si dans les cours de Yoga, on ne parlait pas de son Enseignement, n’empêche qu’on prenait la posture classique en la disant « du Bouddha ».

 

L’aventure de Herman Hesse dans Siddharta image bien le départ de cette Route des Indes ! A partir du besoin de  « spiritualité » qui était au fond de tout le monde. Les tentatives, dans les milieux « intellectuels »  et « branchés », d’après ce que j’ai pu constater alors, se firent via Planète, après les Rosicruciens lisant Max Hendel.

Ces milieux parlaient beaucoup de leur désir de prendre du LSD ou de participer à des messes noires ! Les laboratoires Sandoz en fournissaient… 1962… Mais la France était si lourde, si matérialiste, si endormie, si « normale » que la « drogue » demeurait un sujet intellectuel…

Pour « respirer »… on commençait à espérer qu’il pourrait y avoir une petite échappatoire possible grâce au Yoga ; mais cela ne suffisait pas.

   

Certains commencèrent à dire : On va aller voir ailleurs si l’herbe est vraiment partout… Ils partaient sur la route des Hippies, des Indes : les Chemins de Katmandou, … appellation donnée en 68 par le livre abominable de ce monsieur Barjavel, qui n’a certainement jamais côtoyé les Hippies, en Inde, sinon dans ses phantasmes. Il y a un autre livre sur les communautés hippies, à l’époque :  « Flash ou le grand voyage » (Charles Duchaussois) ; on voit comment on cherchait à séduire « la jeunesse » via les drogues… Même phénomène qu’à Haight Ashbury : curieux ! 

 

Et alors, cela fonctionna ! L’obsession des drogues, du sexe, je le répète,  je n’ai jamais vu cela sur la Route, entre 70 et 72.  Je l’ai appris, par contre, dernièrement, par une rencontre avec un des Pèlerins de cette Route (en 68, lui) : j’en tire la conclusion que nous ne fréquentions pas les mêmes lieux ! Nous connaissions l’existence de Kuta beach et de Goa, mais ce n’était pas notre « trip »… et les lieux vraiment « hippies » (Cairns, Kuala Lumpur, Delhi, Calcutta, Katmandu) étaient encore pour les « spiritualisants » !  Bangkok ! Ah oui !... Dans l’hôtel hippy, en plein centre-ville… La descente de police annoncée… Là, il devait y en avoir, de la « fumette » ! Mais ce ne fut qu’une alerte…

 

Nous avons du vivre entre deux « époques » de cette… époque ! C’était avant 72, avant le début de la fin de cette aventure extraordinaire. Ensuite, trop de monde y partit alors pour des raisons différentes des « nôtres »…

Lorsque j’ai relu Muriel Cerf, son Anti-Voyage (de 70, publié en 74), je n’ai pas noté l’attrait de l’Inde plus que d’autres pays… « Chine » ou « Java » ?…  Inde, en fin de compte ! Sans raisons…

Pour d’autres : Espagne ? Tanger ? Formentera ? Marrakech ?

Mais la mode a soufflé !...

Donc : tous ces écrivains pré-cités, ces chercheurs de sagesse orientale, ont certainement beaucoup plus marqué les pays anglo-saxons, Etats-Unis, Australie que la France. Aucune de mes relations de l’époque, même ceux qui « firent » cette Route, ne parlaient de la spiritualité orientale. Dans le Manuel de la Vie pauvre (74) auquel j’ai participé anonymement, donc après la Route que deux des autres auteurs avaient « faites » également déjà : pas un mot !

 

Moi, j’ai fait le voyage dans le sens non « classique » ; je suis parti d’Australie pour aller en Inde ; pour différentes raisons …

 

 

Aquarius (BG

 

 

 

                

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Published by sur-la-route-des-indes-des-hippies-pendant-les-70s
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